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Recherche de témoignages et partages d'expérience.
Ya des gens ici qui ont vécu en à plein temps ou presque (essentiellement par choix) pendant au moins quatre ans ? Et qui ont maintenant arrêté.
Ça vous a fait quel effet sur votre sentiment de sécurité matérielle, psychologique, relationnelle, etc. à court, moyen et long terme ?
Parce-que je me rends compte que ça m'a fait beaucoup de mal à ce niveau et que j'arrive très mal à dépasser ça, même trois ans après et avec un soutien psy.

Bon, et c'est aggravé par :
1. le fait d'avoir un enfant et de vouloir lui donner un cadre de vie sécurisant à lui aussi.
2. le contraste avec ma coparente et son gros patrimoine (au moins dix fois celui médian des français).

Je n'ai pas vraiment eu de réponse, alors je me permets de relancer. :)

@fatuus Je serai juste content d'en parler avec d'autres gens pour savoir comment ils ont vécu la transition. :)

@parleur C'est toutes proportions gardées mais quand j'ai pu payer mes titres de transports (surtout le RER / bus en trajet Paris-Banlieues, dans Paris j'utilisais mon vélo), franchement ça a été un soulagement. Ne plus être à l'affût, sans arrêt, à chaque ouverture des portes, effectuer des détours pour pas sortir sur les grosses stations, me préparer à mentir etc etc

@parleur

malgré une grande souplesse psy qui m'a permit de ne pas finir en morceaux... c'est du trauma en veux-tu en voilà.

dans mon cas, c'est 3 ans ultra-intense avec ouverture, récup', gestion prob interne, faire face aux flics de toutes sortes, accompagnement paperasse, procédure juridique, les assos qui foutent plus la merde qu'autre chose, ... et je t'en passe des mauvaises et des pires.

@parleur

mais aucun regret !

depuis ma 2ème année de pratique, régulièrement, je recroise le chemin de co-habitant.e.s (d'ici ou d'ailleurs) qui me remercient des fois pour "tout ce que [j'ai] fai[t]" ... ou des fois juste pour qlq mots qui ont permis "d'éclaircir l'avenir" et auxquels on peut se "raccrocher" (c'est d'ailleurs la meilleure reconnaissance)

@oatime J'ai pas de regret non plus, hein. Mais je suis lucide sur les dégâts. Moi aussi je suis souple psychologiquement, mais au bout d'un moment c'était trop. Les trois premières années c'était bien. Après, c'était tirer sur la corde. En ayant un enfant en plus, ça a encore compliqué la situation.

@parleur

bah ouais... et dans mon cas je n'étais pas en "squat politique" mais en "squat d'habitation par défaut" dont un grand nombre d'habitant.e.s d'ici ont connus la face obscure des familles d'accueil (pédophilie, perversion narcissique, etc) et pour les habitant(e)s venu(e)s d'ailleurs, il(le)s venaient de Somalie... avec leurs traumas, rapports claniques et glissant dans l'alcool en qlq semaines... en étant parfois/souvent sous traitement anxiolytique... cocktail explosif ! 🔥

@parleur

sans te parler des menaces de mort, des potes qu'il faut foutre dehors pour pas que le squat explose, sans oublier d'anticiper ce qui risque d'arriver pour être prêt qd ça arrive, entre 3h et 6h de sommeil par nuit (si dodo), sans oublier d'alpaguer en direct les politicards quand je les croisais dans la rue pour les faire plier sur des sujets comme le ramassage des ordures ménagères, les sacs poubelles auxquels ont avaient droit mais qui nous était refusé par un bureau à l'étage...

@parleur

et puis les "militant.e.s" qui te prennent de haut avec leur blabla alors que dans les faits : soirée projection/débat "entre-soi" avec vente d'alcool pour remplir des caisses dont la destination est taboo 🤮

sans parler des "assos" qui cherchaient à nous instrumentaliser par un biais ou un autre, avec tentatives régulières d'ingérence... sans se préoccuper de nos besoins... jusqu'à contacter les journalistes en notre nom pour se faire interviewer/citer sans même être sur place 😡

@parleur

après plusieurs articles de presse très médiocres, j'ai compris qu'il fallait créer mes "propres" contacts avec la presse (et antenne locale France 3, super binôme!) au point de devoir envoyer chier sévère certains journalistes pour "laisser la place" à d'autres (obligeant les rédac' d'envoyer des journalistes/pigistes plus "complaisants")...

@parleur

et les "chefs" respectifs du CSSP local, DAL local et même avocats qui parlaient plus au RG (SDIG) qu'à nous 😮

alors que la scission était déjà très claire... du sale!

et ces mêmes personnes qui nous prenaient elles aussi de hauts comme les pseudo-militant.e.s évoqués précédemment 😩

sans oublier la fameuse ritournelle du "choc des cultures" en parlant de rapports conflictuels avec c(ell)eux venu(e)s d'ailleurs... alors qu'il s'agissait très clairement de rapports de classe

@parleur

heureusement que j'étais du genre radical libre depuis ma jeunesse (sans affiliation à un groupe précis) mais en ayant la rencontre facile... mon "réseau perso" permit par coups de main très ponctuels de chacun.e de trouver/stocker/ramener/restocker/etc de quoi aménager un squat pour plusieurs 10aines d'habitant.e.s en moins de 24h 😘 (tout compris : matelas, couvertures, vaisselle, lumières, meubles, etc)

MERCI AUX POTES, LES VRAIS HUMAINS QUI AGISSENT AVEC LE CŒUR ... ET SANS EGO 😘

@parleur

pour revenir à ta demande de témoignage, si "insécurité (psy)" je ressens en séquelle à ce vécu, ce n'est même pas envers les flics (que j'arrivais assez facilement à tenir) mais envers la classe moyenne à supérieure qui se dit/pense bienveillante et surtout bien pensante, qui affirme sans savoir ni observer/écouter et dont la volonté de contrôle envahissait leur être au point de les rendre aveugles et sourds... mais pas muets 🙄 (dommage)

@parleur

concernant l'insécurité matérielle, hormis la bouffe, pas de soucis.

faut dire que j'ai commencé à faire médiation en squat peu de temps avant l'incendie accidentelle de mon logement dont il n'y avait pus rien à récup'... ce qui m'a de fait propulsé en plein cœur de ce milieu (la mairie "gauche caviar" avait déclaré aux journalistes m'avoir relogé alors qu'il n'en était rien).

@parleur

concernant l’insécurité émotionnelle, je trimballais déjà qlq casseroles mais ça n'a rien arrangé.

je ne me rendais absolument pas compte à l'époque mais mon "personnage" envoyait du rêve ... et, facilement, certain.e.s citadin.e.s me prenaient pour un faire-valoir.

ce qui a donné lieu à de très nombreuses et profondes déceptions et autres chocs émotionnelles suite aux inévitables prises de conscience.

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