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J’en ai vraiment super-marre des gens qui se plaignent du « mauvais » suivi de leurs colis sur internet, même sur Mastodon.
Comme si c’était une barre de progression sur une copie de fichier.
Nan : la livraison c’est un domaine les plus prolétarisés et les plus ubérisés que je connaisse. Avec des gens exploités qui font ce qu’ils peuvent et pleinement aux prises avec le système technicien qui ne les emploie encore que parce-qu’on n’a pas encore réussi à les remplacer par des machines.

Ce sont des emplois pénibles, répétitifs, usants, dangereux, hyper-contrôlés, surveillés, où chacun est isolé.
La logistique, c’est vraiment compliqué.
Et oui, quand c’est possible, certains livreurs peuvent tricher en cochant un produit comme « livré à tel endroit » même si ce n’est pas le cas, parce-que sinon il ne sera souvent juste pas payé.

J’en ai fait des tournées comme ça. Où on donne toujours plus de produits qu’on arrive à en livrer.
Et chaque fois qu’on arrive à augmenter un peu le débit de livraison, on nous en donne encore un peu plus à livrer dans la journée.

Franchement, plutôt que de gueuler sur le mauvais suivi, respirez un coup, attendez votre livraison un jour ou deux plus tard, versez un pourboire au chauffeur en l’ayant prévu à l’avance et même si celui-ci a du retard (pas un café, ya pas le temps !), et c’est le mieux que vous pouvez faire pour tout le monde.
Franchement, si vous êtes à un jour prêt sur votre livraison c’est parce-que votre propre organisation elle est à chier, la plupart du temps (je ne parle pas des produits frais).

J’étais pourtant « privilégié » parce-que j’étais chauffeur en poids-lourd.
En pratique, ça signifie que j’ai toujours une carte à puce qui va enregistrer le respect de mes temps de conduite, de pause, et mes vitesses.
Alors oui, ça fait partie de la pression de la surveillance, mais d’un autre côté ça protège surtout les salariés des pressions des patrons à conduire vite ou trop longtemps, ou sans pause.
Les livreurs en véhicule léger n’ont pas cette chance.

Et, pour être complet, en fait je ne comprends même pas que tant de gens commandent tant de chose par correspondance.
Faut juste s'organiser un peu, bande d'assistés du capitalisme : sortir de temps en temps, faire une liste, et même depuis la campagne où j'habite, passer une journée à gérer ses achats tous les deux mois.
Ouais, c'est (un peu) chiant (plus que passer une journée à se plaindre d'un livreur qui n'arrive pas ?), mais à un moindre coût social.

Je dois me faire livrer un truc tous les trois ans. Maximum. Et j'vois pas l'intérêt d'en faire plus.

Voilà voilà, preuve par l’exemple.

Nan mais sérieux, vous vous rendez compte de la difficulté d’estimer une heure d’arrivée quand on a quarante clients à livrer et qu’on ne sait pas bien combien de temps ça va prendre pour chacun ?

Ben venez le faire ce boulot, juste une semaine pour rire.

@parleur d'accord sur toute la ligne. Il me semble qu'on (et je m'inclus évidement dans ce on) pourrait aussi se demander, pourquoi je commande ce truc ? Est-ce que ça va changer ma vie ? En ai-je besoin ? Pourquoi suis-je aussi impatient que ça arrive ?

@parleur
Y a des trucs que tu peux trouver quasi que sur le net. Je pense à des petits écrous¹ que j'ai achetés il y a peu, pas moyen de trouver ça du côté de chez moi, pourtant j'ai cherché (ok, j'ai pas écumé absolument tous les magasins, mais j'ai pas de bagnole, je peux pas aller partout).

¹ M3 à tête hexagonale

@framasky Je ne dis pas que c'est toujours inutile, juste que l'utilité est marginale (un des seuls trucs que je me suis fait livrer ces dernières années, c'est un portable avec Libreboot).

@parleur
- Il y a plein de choses que je ne trouve que sur Internet (les croquettes des chiens par exemple).

- Et prendre une journée de congés tous les 2 mois pour aller à Paris faire ses achats ? Non merci.
Plus près c’est Troyes ou Melun, mais ça reste une heure de voiture (aller) à se caguer dans les bouchons… et perdre une journée en magasinage.

- Je prends au local ce que je trouve au local. Le reste, je commande.

- Par ailleurs, beaucoup de petits commerçants ont un site ecommerce.

@parleur j'aime bien la formule "assisté du capitalisme" - je m'en re-servirai :)

@parleur C'est plus de l'entreprise qu'on se plaint, que des personnes physiques, peut-être mal gérées, qu'elle emploie.

@apokrif Mais en fait en se plaignant d’un suivi faux ça valide le fait que le système de suivi intéresse les clients, donc qu’il est nécessaire à l’entreprise, et donc qu’il faut le mettre en place. Et en faire peser la pression sur les employés.

@parleur Et parfois ce ne sont pas emplois, vu que j’ai l’impression que Colis Privé et Chronopost sous-traitent.

@parleur a voir l'excellent "Sorry We Missed You" de Loach sur le sujet

@parleur On veut (ou on nous vend ?) du temps réel partout. Ç'en est un conséquence.

@emmanuelc Mais je sais bien. Mais c’est pas une raison pour laisser faire.

@parleur Non, c'est sûr. Je fais simplement le constat de ce qui nous amène à ces problèmes aujourd'hui.

Et maintenant d'autres problèmes avec des drones livreurs par ex.

@parleur Totalement d'accord.
Au début je râlais aussi contre les gens qui traitaient les livreurs comme un contremaître traitait ses esclaves mais à force de me faire traîter de vieux boomer réactionnaire j'ai un peu abandonné l'idée.

@parleur

Je comprend très bien ce que tu veuxx ayant aussi travailler chez un transporteurs (bien avant la follie Internet).

Toutefois la livreur qui se gare sur le passage pieton, sur la place handicapé, c'est de SON resort et là, je ne parddonne pas.

Je me fous d'un jour de retard sur une livraison, Je ne me fous pas d'un livreur qui ne me respecte pas.

@LovisIX Tu changes pas mal de sujet, là. :p
J'entends ton énervement pour avoir pu le vivre autrement (avec une poussette).
Oui, en dernier ressort la responsabilité est sur le chauffeur.
Ceci étant, il faut parfois pondérer aussi ça en prenant en compte l'aménagement de la ville ou d'autres facteurs (par exemple, une voiture garée sur l'espace de livraison juste à côté).

@LovisIX Je ne veux pas excuser les chauffeurs qui se garent ainsi. C'est une erreur la plupart du temps.
Ceci-dit, j'ai aussi vécu au moins une expérience où j'ai du dire merde au code de la circulation et à plein de gens, parce-que le choix c'était ça où le non-renouvellement d'un CDD à la fin de la semaine.

@parleur
Bien sur qu'il faut pondérer en fonction de l'environnement. Il n'y a autour de chez AUCUNE place de livraison. Alors le livreur qui se met sur le trottoir, je ne lui en veux pas. Sur la place handicapé beaucoup plus (parce que je suis plus concerné aussi, chacun•ne voit midi à sa porte).

@parleur Pour le coup, c'est quand un produit arrive plus tôt que prévu que ça me gonfle, justement pour cette raison ._.

@parleur Tandis que dans le développement de logiciels ou dans la construction de bâtiment, les estimations sont à la minute près, et respectées.

@parleur Je pense que le principal problème est justement de donner cette fourchette de délai…
Une valeur donnée au destinataire, c’est une valeur engageante. Par exemple tu peux n’avoir poser qu’une demie-journée plutôt que ta journée complète pour être présent.

@parleur Si tu n’es pas capable de donner une estimation que tu peux tenir, alors n’en donne plutôt pas du tout, ou avec des marges de sécurité correcte. Pas des trucs timés à la minute que tu sais qu’en pratique tu ne pourras pas tenir.

@parleur Parce que bon « tient regarde, je te donne cette info que je sais être intenable en vrai », c’est un poil du foutage de gueule quand même 🤣

@aeris @parleur Je doute qu'ils aient le choix de ne pas donner de valeur. Ou, dans le cas contraire, ça risque d'être un faux choix, du genre donner une valeur contribue à une meilleure notation en lien avec le salaire, les primes, la reconduction de l'éventuel contrat, ou autre chose du genre. 1/3

@aeris @parleur Donner un horaire qui serait sûr, donc en s'accordant de la marge, ce serait moins de colis livrés dans la même fourchette temporelle, donc pas rentable (à part si c'est forcé, par exemple par la convention collective), par conséquent refuser par la personne donneuse d'ordre. 2/3

@nspanti @parleur Je ne sais pas qui demande d’afficher cet horaire ni pourquoi. Tout ce que je sais, c’est qu’en tant que client, si on m’annonce un truc, on s’y tient et la valeur annoncée doit être avec une bonne probabilité d’être correcte.

@nspanti @parleur Si tu m’annonces 9:45-13:45 et que tu arrives à 14:00, je ne t’en voudrais certainement pas. 15min de retard sur un créneau de 4h, ça ne fait que 6% d’erreur. Mais 30min ça dépasse déjà les 10% de marge qui serait toléré dans plus ou moins n’importe quel domaine autre. Quand tu dépasses les 1h, tu as finalement plus joué aux dés qu’annoncé un horaire précis (25% d’imprécision). Quand on te livre le lendemain, comment dire…

@im @nspanti @parleur Je ne vois pas en quoi je suis à côté pour le coup… 🤔

@im @nspanti @parleur Le problème est bien sur la boîte, pas sur le livreur. Mais si on m’annonce un truc, on se doit de le tenir. Ce n’est pas de la faute du livreur, mais de la boîte de livraison.

@im @nspanti @parleur Et d’une certaine manière (et on est complètement d’accord que ça va être difficile d’en sortir vu la pression sociale qui en est à l’origine…), les livreurs participent au problème. Plutôt que de renvoyer tout ce qui n’est pas livré à l’entrepôt en mode « démerden sie sich maintenant », ça finit droppé n’importe où (engageant d’ailleurs a priori leur propre responsabilité civile et pénale je dirais).

@aeris Le fil me semble justement vouloir remettre en question cette pression sociale construite, nuisible, et inutile. J’interprète peut-être, remarque.

@nspanti @parleur

@im @nspanti @parleur Quand je dis pression sociale, c’est plutôt manger/se loger du point de vue du livreur que de celles des clients finaux pour le coup.
Tu acceptes a priori assez rarement de faire ce type de job et de subir les pressions de ton « employeur » pour le fun.

@aeris Ah oui, en effet, comme une bonne grosse majorité des jobs, d'ailleurs.

Alors, je reformule, si déjà les clients finaux pouvaient éviter de taper sur les prolétaires, comme eux, ça aiderait.

@nspanti @parleur

@aeris @parleur Pourquoi avoir besoin de prendre du congé ? Le colis n'est-il pas mis dans un point relais ? ou ne peut-on pas demander qu'il soit livré à un point relais plutôt que chez soi pour s'éviter de devoir être présent à un moment précis ? (Je n'en sais rien, n'achetant pas par Internet et n'ayant de toute façon volontairement pas de carte bancaire.) 3/3

@nspanti @parleur Ça va dépendre des logisticiens, mais souvent ça n’est pas déposé en point relai (GLS/DPD par exemple) parce qu’ils n’en ont juste pas/plus. Par chez moi par exemple DPD drop à plus de 10km… C’est 2h pour aller chercher un coli, et encore si tu arrives à le localiser…

@aeris Toi, tu vas finir dans le camion du patron à la fin de « Hell Drivers ».

@parleur

Pour moi le soucis viens du fait justement qu'il y a 40 colis à livrer ^^.
Avec 0 marge et même pas le temps d'accepter un verre d'eau, c'est sûr que c'est pas évident.
Mais la critique je la fais au système (et donc à sa tête), pas au livreur ^^

Le pire c'est quand la boîte permet au client de changer l'heure de livraison. Pour la direction c'est "moderne", le client est content il a l'impression de maîtriser (enfin) un truc, et c'est juste un enfer supplémentaire pour le livreur.

@parleur le problème c'est pas la personne qui livre, c'est l'entreprise autour qui est pas capable de gérer ça correctement.

@darckcrystale
1. Ce n'est pas possible de gérer ça plus précisément.
2. C'est donc un problème de se plaindre que ce ne soit pas plus précis.

@parleur si c'est possible, il suffit de donner plusse d'argent : plusse d'employé.es, moinsse de colis par employé.es, plusse facile et rapide de faire la tournée, plusse précis de chiffrer les délais.

@darckcrystale Le chauffeur, il récupère le matin ses colis dans l’entrepôt avec sa feuille de route, il improvise plus ou moins un itinéraire vaguement optimal en fonction de sa connaissance des lieux, qu’il pourra respecter plus ou moins en fonction des aléas de la circulation et de la facilité à livrer les clients (présence/absence, X portes à code devant lesquelles il faut attendre un temps inconnu, avant de monter ou pas un certain nombre d’étages qu’on ne connaît pas à l’avance, etc.)

@parleur donc c'est bien ce que je dis, c'est la faute à la boîte qui gère mal.

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