« Si on en reste sur un plan éthique, le féminisme n'est qu'une éducation morale : « Ne sois pas sexiste », « Respecte le consentement », etc. Ces normes agissent sur les individu·es dans leur intériorité mais pas sur l’organisation de la société. Par conséquent, la domination et les inégalités demeurent. »

« On peut élever un garçon en lui disant qu’il faut respecter les filles et partager les tâches domestiques, demain, il se rendra compte que s’il reste plus tard au bureau, il est bien vu par son patron et que ça lui évite un certain nombre de corvées domestiques. Dans l’urgence de la vie quotidienne, quelle que soit notre morale, on fait le plus souvent les choix qui nous arrangent. »

« C’est pourquoi le care doit être intégré à l’organisation de notre société, ce qui implique de lui ménager de l’espace et du temps. »

« Pour moi, la possibilité individuelle vient après un changement structurel. Par exemple, on entend beaucoup que pour être heureux en couple, il faut dé-cohabiter. Mais qui a les moyens de vivre ainsi ? Avant de donner des leçons de lifestyle, il faut mettre en place les conditions favorables à des changements de modes de vie. Si chacun·e disposait, par exemple, d’un revenu universel, la non-cohabitation serait beaucoup plus simple à mettre en œuvre. »

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« F.L. : Est-ce à dire que pour éduquer de futures générations féministes, nous avons à « [nous] occuper prioritairement du monde des adultes » ?
V. M. : Oui, tout à fait. Ne sommes-nous pas en train de nous décharger sur elles et eux du fardeau de la transformation ? L’éducation féministe radicale et utopiste, ce n’est pas qu’une éducation, c’est une remise en question de l’institution familiale elle-même, qui concerne donc d’abord les adultes. »

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